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Le blog de Michel AZAM En voilier vers l'ouest

Vers RIO, tout schuss dans la schliasse !!

Michel AZAM

Les jours suivants ne sont pas trés agréables... plus vu le soleil où  la lune .... le ciel est uniformément gris et il pleut presque tout le temps, tout est humide sur le batôô. la télécommande du pilote automatique a pris l'eau également, plus un slip de sec, mais le moral est excellent.
Le vent a forci mais reste constant en direction, je vais vite avec peu de voile (Grand voile à un ou deux ris + trinquette ou yankee suivant l'humeur. Je suis au largue ou au travers, naviguant à plat, je mange et bois bien, dors par petites tranches, je me suis même regardé des films en divx.
Je suis trés content du rendement de l'hydro-générateur que je traine, car sans soleil et avec avec le pilote qui travaille beaucoup, pour boire frais, il faut du jus !!

Quand j'arrive au Cabo Saõ Tome, je passe à l'est de la grande zone pétrolifère qui s'étend sur 100 miles et j'y croise un cargo d'un peu prés caché par un rideau de pluie... brrrr....
Les instructions nautiques parlent d'un trafic intense entre les plateformes et la côte, suis content d'éviter çà en passant bien large, parce que, bien sûr, j'arrive là de nuit !

A 21 heures, le vent forci carrement, je démarre le moteur et descend la grand voile avec quelques difficultés dans cette mer qui gonfle. j'ai l'intention de remplacer le yankee par la trinquette, mais après plusieurs essais il m'est impossible de rouler complètement le yankee, il bat terriblement et se gonfle en coups de canon qui ébranlent tout le grément et font vibrer le batôô.
Je reste donc avec 7 ou 8 m2 de toile de la partie supérieure du yankee qui s'est éffiloché (ou dirait une manche de veste de Davy Crokett), les écoutes se sont dénudées contre l'étai de trinquette, mais çà tient comme çà. Je reussi à lui garder une vague forme de sac de patate qui ne bat pas trop.
Le vent est toujours dans mon dos, mais fort, j'ai de la peine à rester debout dans le cockpit.

Les vagues commencent à déferler en grondant et y en a toujours une de temps en temps qui a une trajectoire différente des autres et qui cogne durement le flanc arrière de Marie Galante comme quelque chose de solide.
L'hydro-générateur est plus souvent hors de l'eau que dedans mais il me donne quand même du jus pour le pilote qui est mon seul ami à bord...
Pas possible de regarder vers l'arrière, le vent est fort est les embruns arrachés aux vagues brulent les yeux.
Nous sommes à 8 noeuds, parfois plus dans les descentes. J'estime les creux à 5-6 mètres.
Ben voilà l'affaire, le spectacle dure jusqu'au matin 6 heures, je reste une main sur la barre, pour soutenir le pilote auto (ou est-ce lui qui me soutient ?). vers 5 heures une petite éclaircie droit devant, fugace, mais qui fait chaud au coeur. La mer est magnifique, je me suis habitué à son rythme, et le grément qui hurle toujours m'impressionne moins. Parfois le pilote est pris en défaut et nous descendons les vagues liston dans l'eau, en crabe, mais je ne me sens pas en insécurité.
Quand vient le calme, vers 6 heures, je me sens comme la chèvre de Monsieur Seguin,  c'était mon premier vrai "coup de tabac". En fait dans ce voyage entrepris depuis deux ans, il y a plein de "premières fois". L'est pas belle la vie ?








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